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Le principe

L’alimentation est un angle d’approche direct de l’action sociale : le manque de nourriture est l’un des stigmates les plus visibles de la pauvreté dans la mesure où le repas est un symbole de convivialité et de partage. Dans nos sociétés d’abondance, le fait de ne pouvoir se nourrir ou de ne pouvoir nourrir sa famille est vécu comme une faillite, une humiliation. L’exclusion économique s’accompagne souvent d’isolement, de fragilité morale, ou de perte de confiance.
La contribution financière participe de la dignité des personnes et de leur liberté de choix : le fait de payer, même un prix symbolique, les affranchit du sentiment d’être redevable et leur permet de choisir ce dont elles ont envie, comme n’importe quel consommateur. La qualité et la variété des produits proposés contribuent à restaurer l’estime de soi.

Un lieu dynamique de sociabilité et d’échanges

Ainsi l’offre alimentaire des épiceries n’est que le prétexte d’une action solidaire plus vaste : les épiceries sont des lieux d’accueil, d’écoute et d’échanges, aidant les personnes à retrouver, ou à renforcer, l’estime d’elles-mêmes et l’envie de se tourner vers le monde extérieur. Elles organisent des nombreuses activités : ateliers de cuisine, ateliers d’esthétique, ateliers enfants-parents, etc, permettant aux bénéficiaires de reconstruire des liens et de prendre conscience de leur valeur et de leurs compétences.

Une aide pour un projet

Un des principes fondamentaux des épiceries solidaires est de faire en sorte que la lutte contre l’exclusion ne s’accompagne pas d’une forme d’assistanat.
Demander de l’aide est une démarche difficile, souvent vécue comme une humiliation surtout sur le volet alimentaire, car cette demande traduit essentiellement une incapacité à se nourrir ou à nourrir les siens, ce qui est un geste essentiel de la vie.
Le « coup de pouce » alimentaire apporté est un moyen d’aborder d’autres questions : la santé, l’éducation, le logement, la culture, l’emploi, la gestion du quotidien…
Chaque usager est amené à définir, avec un travailleur social ou un responsable de la structure, un projet qu’il souhaite mener à bien pendant la durée d’accès à l’épicerie. Grâce au faible coût des produits de consommation courante, une part plus importante du budget peut être consacrée à une envie, un projet, une amélioration de la vie quotidienne : réparer sa voiture pour pouvoir continuer à travailler, offrir des vacances ou des sorties à ses enfants, améliorer la décoration de sa maison, ou simplement mieux manger.
La durée d’accès à l’épicerie est définie en fonction de ce projet. En général, elle est de 3 mois, renouvelable. Elle dépasse rarement 6 mois.

Le fonctionnement

Dans quelles conditions peut-on avoir accès à une épicerie solidaire ou sociale ?

L’accès des usagers est validé dans chaque épicerie en fonction de critères socio-économiques et familiaux (composition du foyer) ; de manière générale, le revenu des usagers se situe autour du seuil de pauvreté, mais chaque structure définit ses propres critères d’admission en fonction du contexte local.
Les personnes sont orientées vers les épiceries par les travailleurs sociaux de la fonction publique territoriale mais aussi des associations partenaires. Concrètement, une commission d’accès regroupant les intervenants sociaux de secteur impliqués dans le fonctionnement de l’épicerie valide les dossiers en y attribuant une durée d’accès, un montant de courses réalisables et la validation d’un projet personnel.
S’il s’agit de répondre aux situations de longue précarité, les épiceries offrent aussi à des personnes qui connaissent un ennui financier ponctuel (perte d’un emploi, attente des allocations, déséquilibre budgétaire temporaire, etc.) un « coup de pouce » qui leur évitera de connaître des difficultés plus graves.

Le public

Chaque épicerie accueille en moyenne 100 foyers par an. Le public des épiceries est essentiellement composé de bénéficiaires des minima sociaux (qui représentent actuellement une population de 1,1 million en France), de « travailleurs pauvres », de retraités, d’intérimaires, étudiants sans ressources, etc. Au total, les épiceries membres du réseau accueillent en moyenne 160 000 foyers par an.